05.04.2009

La Démocratie en Entreprise...qu'elle farce !

prison.gifSachez qu'à la base, les mots « entreprise » et « démocratie » sont antinomiques. Lorsque vous franchissez les portes d'une entreprise, que vous acceptez de vous soumettre à un lien de subordination en signant votre contrat de travail, vous abdiquez votre liberté. A partir du moment où vous devez vous soumettre à une hiérarchie, vous conformer à des consignes, vous avez un boulet aux pieds.

Dans nos  société occidentales, la démocratie semble couler de source. C'est un droit acquis, et conquis de haute lutte, quelque chose d'évident, comme boire, manger ou respirer. Il faut se méfier des évidences et pourtant...pourtant, 5 à 6 jours par semaine, nous sommes des millions à abdiquer notre citoyenneté sans bargouiner ou presque en franchissant les portes de notre lieu de travail.

L'entreprise fonctionne, n'ayons pas peur des mots, sur un système totalitaire. Un peu comme une secte qui doit obéir à son gourou, vous perdez tout esprit critique dans l'entreprise, car il faut que vous rentriez dans le moule à tout prix, que vous soyez  « corporate » !

Prière de laissez vos illusions à la porte

Nous pourrions disserter à foison sur la manière dont un homme ayant les bonnes relations peut facilement concentrer tous les pouvoirs entre ses mains, à un point tel que l'idée même de démocratie ne soit plus qu'un mot creux.

S'il on considère l'entreprise comme un système politique ( et à bien des égards, c'en est un ) le citoyen moderne retourne chaque jour de labeur en féodalité. Une hyper hiérarchisation des pouvoirs, des dirigeants non élus mais nommés par le haut au lieu d'être choisis par l'ensemble, le culte du secret, l'opacité des chiffres, les intrigues de cour et les stratégies de croissance externe axées  sur la soumission des concurrents. C'est-à-dire un état de guerre permanent où tous les coups sont permis.

Les organes démocratiques mis en place, comme le Comité d'Entreprise ou les délégués du personnel, ne sont là que pour faire illusion. Dans les faits de toute façon, la moitié des entreprises n'ont pas la taille critique pour avoir un C.E ou un D.P Il arrive couramment que le délégué du personnel soit un proche de la direction, dans ce cas, quel est sa crédibilité ? Certaines entreprises où règne la répression anti-syndicale, s'arrangent même pour que leur masse salariale reste en deçà de l'effectif où la loi impose d'élire un D.P !   Dans l'immense majorité des cas de toute façon, la présence d'un délégué du personnel n'influence en rien sur les rapports de force dans l'entreprise.

La soumission à l'Entreprise passe par la soumission à l'Autorité. C'est ainsi que fonctionne la culture féodale dans l'entreprise. Soutenir avec aplomb que les salariés ont le choix de travailler le dimanche sur la base du volontariat alors que c'est l'employeur qui décide, c'est prendre les gens pour des cons.

Beaucoup de salariés acceptent de la part de leur employeur des intrusions dans leur vie privée. Les gens font leur mal eux-mêmes. Ainsi, l'entreprise peut vous imposer une tenue vestimentaire, une coupe de cheveux, vous interdire le port de bijoux etc. Alors qu'on serait bien en peine de justifier ces restrictions quant aux besoins concrets de l'entreprise. Les femmes aussi ont intérêt à mettre en sourdine leur désir de fécondité si elles veulent faire carrière...

Si l'Etat cherchait à nous imposer ne serait-ce qu'un quart des contraintes que font peser les entreprises sur les épaules de leurs salariés, tout le monde crierait à la dictature, et la majorité appellerait à la Révolution. Pourtant, venant du monde du travail, ça nous semble aller de soi !

Le taulier peut aussi vous interdire de tomber amoureux dans l'enceinte de la société, il peut décider de votre lieu de résidence, et par là même, de la façon dont vous aller gérer vos relations avec vos amis ou votre famille ( si elle décide de déménager ) Il peut aussi vous imposer le moment et la durée pour aller pisser ou bouffer ! Autrement dit, la vie en entreprise est un univers aliénant. On ne vous demande jamais votre avis sur le fonctionnement de l'Entreprise et on vous noie sous des notes de services abscondes et sous des rapports qui adoptent une novlangue faite pour abrutir. Vous ne participez même pas aux décisions concernant votre poste de travail.

On vous considère juste comme un p'tit soldat tout juste bon à être envoyé au front de la guerre économique ! Tout ça pour enrichir une poignée de maquereaux sans scrupules, mais vous avez accepté contractuellement d'obéir aux ordres quel qu'en soit le prix, même celui de votre santé.

De fait, beaucoup de gens aujourd'hui, perdent leur vie à la gagner. N'est-t'il pas temps de vous poser les bonnes questions ? Peut-être de faire d'autres choix ? Moi, je n'ai pas peur d'affirmer sur mon C.V que je cherche un épanouissement au travail, que je suis en quête de sens et que je veux un travail où je puisse me sentir utile, d'affirmer haut et fort mes valeurs, celles du service public et du service au public !

Et vous, quels chemins allez-vous emprunter pour recouvrer votre liberté ?

 

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