10.04.2009
Non à la Police des Chômeurs !
L’affaire devient courante dans les antennes Pôle Emploi et c’est un signe révélateur de la dégradation de la situation sociale et du désespoir dans lequel se trouvent de nombreux demandeurs d’emploi. Encore une histoire d’ agression , comme le cas de cet homme, pris dans la spirale du surendement qui, apprenant qu’il arrivait en fin de droits, a peté un plomb. Désormais criminalisé, il amorce sa décente aux enfers.
- Un coup de sang qui risque de coûter cher
Cet homme, déjà menacé par une saisie, n’a pas supporté d’apprendre au Pôle Emploi de Parthenay, dans les Deux-Sèvres, qu’il arrivait en fin de droits. Le 10 mars dernier, il s’est emporté très violemment au point de lui valoir aujourd’hui de comparaître devant le tribunal correctionnel.
« Je regrette énormément le comportement que j’ai eu envers les fonctionnaires de pôle emploi » dit-t’il incrédule à la barre du tribunal correctionnel de Bressuire où il comparaît pour s’expliquer de son geste. Cet homme de 39 ans, parfaitement calme, n’en mène pas large lorsqu’il doit répondre de sa brutale explosion de colère devant le juge : il est accusé d’avoir sauté sur le bureau d’une conseillère de pôle emploi et de s’être jeté sur elle, lui occasionnant une fracture du genou, le cas typique où la détresse sociale conduit à la violence.
- « Froideur de la situation économique »
Le Chômeur irascible affirme qu’il n’a pas réalisé ce qu’il faisait sur le coup. La seule chose qu’il voyait, ce que se retrouvant brutalement en fin de droits, il risquait du même coup d’être privé de revenus et que, pour lui, c’était la pire des choses qui pouvait lui arriver étant criblé de dettes.
2 jours auparavant, il s’en était pris à un huissier de justice qui lui avait envoyé un courrier le menaçant d’une saisie s’il ne versait pas immédiatement 300 euros. Il l’avait alors menacé verbalement par SMS : « si tu viens chez moi, je te coupe en deux ». L’homme ayant pris conscience de son geste, il dit avoir entamé une psychothérapie.
Si l’huissier s’est montré bon prince, son avocat ne réclamant qu’un euro symbolique de dommages et intérêts et 400 euros pour les frais de procédure, la Conseillère de Pôle Emploi a en revanche été traumatisé par l’agression. Le Ministère public a réclamé à l’encontre du chômeur violent une peine de 10 mois de prison dont 6 avec sursis. « Les agents de pôle emploi n’ont pas à subir de dommages collatéraux, physiques, parce que ce monsieur n’a pas supporté la froideur de la situation économique ».
Il sera finalement condamné à 10 mois de prison avec sursis, son avocat ayant fait valoir que c’est sa détresse économique qui explique son comportement violent, même si elle ne l’excuse pas.
- Les Conséquences dramatiques de la « chasse aux Chômeurs »
Voilà à quoi mène la « Police Emploi » à la sauce gouvernementale. Les demandeurs d’emploi aux abois, victimes de la violence des rapports sociaux, sont de plus en plus nombreux à commettre des agressions physiques ou verbales contre leurs seuls interlocuteurs : les agents de pôle emploi, mais aussi ceux de la CAF. Ils sont les victimes collatérales d’une injustice sociale parce qu’ils sont en première ligne pour essuyer la colère de ceux qui n’ont que leurs maigres ressources pour vivre.
Le véritable responsable de la mise en danger délibérée des agents, est ailleurs : c’est bien le système de coercition sociale mis en place par le Gouvernement et le MEDEF au travers de la loi dite de « modernisation sociale » et des conventions Unedic toujours plus régressives pour les chômeurs.
Les agents eux aussi, sont sommés de se soumettre à ce système inhumain qui leur impose un rôle de contrôle qui n’est pas le leur.
- Faire pression pour exiger le respect de nos droits et de notre dignité
Les séquestrations de patrons et de cadres se multiplient partout dans le pays. – Avec de réels succès à leur actif dans les luttes, il est vrai – comme quoi le rapport de force est la seule manière de se faire entendre ! Eh bien je propose que les organisations de chômeurs et notamment celle auquel j’appartient, prennent leurs responsabilités en occupant les succursales du MEDEF et en séquestrant leurs dirigeants ainsi que ceux de Pôle Emploi : Geoffroy-Roux de Bezieux et Christian Charpy, jusqu’à obtenir l’engagement de renégocier la convention Unedic dans un sens favorable aux demandeurs d’emploi.
C’est illégal ? Mais malgré ses rodomontades actuelles, condamnant les séquestrations , Sarkozy ne semblait pas toujours de cet avis, comme en témoigne cette vidéo pendant la campagne présidentielle… quel culot après ça de montrer du doigt Ségolène Royal ! C’est incroyable la capacité de cet énergumène à renier ses propres paroles…
17:56 Publié dans DERAPAGES | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pole emploi, agression, pétage de plomb, conséquences, coercition sociale |



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