11.04.2009
Les nouvelles formes de l'agitation sociale
En matière de méthodes de luttes, les choses bougent. La grève « classique » n’est plus le seul outil à la disposition de la population pour se faire entendre des élites dirigeantes et possédantes. Elle demeure bien sûr incontournable puisqu’elle agit directement sur le nerf de la guerre : la production de richesses, dont se nourrissent les Capitalistes.
Cependant, on voit se développer à côté de la grève, d’autres méthodes de luttes, certaines illégales, mais très médiatisées ces derniers temps, comme la séquestration de dirigeants d’entreprises. C’est un moyen de pression qui a fait ses preuves dans plusieurs entreprises où elle a été utilisée : chez Caterpillar, par exemple, la direction a réduit de 733 à 600 le nombre de licenciements ( tant mieux pour ceux qui seront épargnés ) chez Scapa, les salariés ont obtenu le doublement de leurs indemnités de licenciement, et chez Sony, les primes de départ seront revues à la hausse.
Des avancées, même si elles ne sont qu’un lot de consolation, que les salariés ont arraché à leurs directions au prix d’une certaine radicalité, et qu’ils n’auraient sans doute pas obtenu s’ils étaient restés « gentils ». Donc, la séquestration « paye », il n’y a donc aucune raison de s’en priver. A quand l’exigence d’une rançon aux actionnaires pour libérer les dirigeants ?
Et puis, il y’a d’autres formes d’action plus originales comme cette « ronde infinie des obstinés » lancée depuis 15 jours sur le parvis de l’hôtel de ville de Paris. L’opération, montée par des enseignants et des étudiants des facs en grève, attire la curiosité du public. Ils se relaient jour et nuit, et tournent comme ça pendant des heures pour manifester leur opposition catégorique à la politique du Gouvernement. Cela fait déjà plus de 400 heures au compteur ! Alors, si vous passez du côté de l’hôtel de ville, entrez donc dans la ronde, plus on est de fous, plus on rit…
Vous pouvez en savoir plus sur le déroulement de l’opération en visitant leur blog.
11:57 Publié dans LUTTES | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : luttes, agitation sociale, séquestration, licenciements, facs en greve, ronde des obstinés |
07.04.2009
Come-back sur le mouvement de grève des caissières
Le 1er février 2008, pour la première fois dans l'histoire de la grande distribution, un milieu d'ordinaire peu enclin aux mouvements sociaux, les caissières se sont mises en grève pour protester contre les bas salaires et leurs conditions de travail déplorables. Plusieurs syndicats, dont la CGT du Commerce, avaient appelé à la grève.
Si vous lisez le blog Caissière no futur de l'amie miss pas touche , ex' caissière mais néanmoins titulaire d'un D.E.A de littérature, vous vous apercevrez en lisant ces posts, que ce boulot d'apparence facile, n'est pas rose tous les jours... je peux en témoigner pour avoir eu récemment une courte expérience chez Carrefour market, (ex' Champion) à ce poste. J'ai découvert que les temps pleins dans ce métier n'existent pas. Les plannings des filles vont de 18, 20, ou 26 heures maximum dans le magasin, et naturellement rémunéré au SMIC.
Je vous laisse imaginer le casse-tête pour boucler son budget avec quelques centaines d'euros par mois ! Le phénomène des travailleurs pauvres, ça aussi, c'est de la maltraitance...économique ! Apparemment, être en caisse, c'est le métier le plus ingrat de la grande distrib'. Les magasiniers ou les chefs de rayons sont mieux considérés.
Temps partiel subi, bas salaires, plannings qui changent à tout bout de champ, brimades de la hiérarchie, manque de reconnaissance... les caissières en ont ras-le-bol et ont voulu exprimer au grand jour leurs revendications en défilant sur leurs lieux de travail, et en distribuant des tracts à la clientèle interloquée. Il faut dire que ni les clients, ni le patronat de la grande distrib' ne sont habitués à voir des grèves dans les magasins, mais il faut bien un début à tout, surtout lorsque les revendications sont légitimes.
Mais quid des conditions de travail dans les boutiques des galeries marchandes ? Là où, précisément, aucun syndicat n'est implanté ? Il serait en effet un peu ridicule de monter une section syndicale quand on est à peine 2 ou 3 employés... Alors, pour ceux qui le souhaitent, peuvent-t'ils au moins s'affilier aux syndicats de la grande surface ?
Il y'a en effet de nombreuses « zones grises » dans le paysage syndical français : plusieurs millions de salariés en France, dans l'Artisanat, le Commerce, les professions libérales, se retrouvent dépourvus de délégués syndicaux. Et comme on peut le craindre, c'est dans ces secteurs que les salariés sont le plus en situation de soumission et de faiblesse par rapport à leur employeur. Comment une salariée qui se retrouve seule face à son employeur peut-t'elle se défendre ???
Toujours est - t'il que même dans la grande distribution, les choses bougent, et c'est tant mieux !
11:06 Publié dans LUTTES | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : grève, caissières, grande distribution, manif |


