05.04.2009
Le monde de l'Entreprise? C'est Dallas, un univers impitoyable !
Les nouvelles méthodes de management au travail sont une source de souffrance psychique immense pour de nombreux salariés. C'est le mal qui gangrène le monde du travail aujourd'hui, une forme de maltraitance insidieuse et perverse extrêmement courante dans les entreprises.
1 - Maltraitance au travail : le constat
Dominique Huez, médecin du travail à la Centrale de Chinon depuis plus de 30 ans, s'est attaqué au problème et a publié un livre intitulé « souffrir au travail », fruit de ses consultations avec les salariés qui relatent dans son cabinet les maltraitances actives ou passives dont ils se disent victimes.
Dans « souffrir au travail », Dominique Huez démontre que de nombreuses entreprises ont minimisé la question de la souffrance au travail ces dernières années. Il y'a eu bien sûr la série de suicides au Technocentre de Renault qui ont défrayé la chronique, mais c'est chaque jour ou presque que des personnes mettent fin à leurs jours à cause de leur travail sans que cela fasse la une des journaux !
Dans son ouvrage, il met en évidence que les méthodes de management actuelles ne sont pas adaptées aux réalités du travail. Il dénonce avec véhémence un système qui déstructure l'individu par la perte des repères et du sens de son travail. La perte de sens au travail est dû à deux facteurs principaux : la peur et la honte. Les personnes affectées sont amenés à mal travailler car elles exercent des tâches qu'elles reprouvent et qui sont contraires à leur domaine de compétence. Cela se traduit par un effondrement du sens professionnel et la démotivation. On retrouve ce phénomène surtout dans les entreprises publiques ou à statut. Vous comprenez maintenant ce que j'ai pû ressentir à la SNCF...
Les nouvelles organisations du travail détruisent la notion de travail collectif au profit d'une individualisation croissante du salarié. Cette perte du lien social et de la reconnaissance de son travail déboussolent bon nombre de travailleurs.
2 - La guerre économique
Avec la mondialisation, les entreprises sont entrées dans l'ère de la guerre économique. Elles doivent en permanence chercher à doubler la concurrence, à avoir une longueur d'avance sur elle au risque d'être dévorées ou... de disparaitre. Comme le souligne un intervenant dans le film « J'ai très mal au travail » il n'est pas rare d'entendre parler « d'état-major d'entreprise » dans la presse, comme si le Dirigeant d'entreprise était un général qui mène ses troupes au combat ! Derrière les mots, ce cache une réalité bien concrète pour les salariés : les relations du travail se sont profondément transformées et se sont considérablement durcies.
L'accélération du temps économique et l'avènement des nouvelles technologies de communication instantanées ( mail, téléphone mobile, internet, visioconférence etc. ) font que les exigences à l'égard des salariés tendent à ne plus avoir de limites. Mais un humain n'est pas un robot ! Les conditions de travail se détériorent parce que les entreprises fonctionnent dans un état d'urgence permanent, dans le T.T.U autrement dit le « très-très urgent ».
C'est tout une organisation et surtout un état d'esprit qu'il faut revoir. Accepter de reconnaître que la perfection n'est pas de ce monde, et qu'il ne suffit pas d'appuyer sur un bouton pour qu'un humain exécute des tâches sans le moindre défaut et dans un temps record...
13:19 Publié dans SOUFFRANCE AU TRAVAIL | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : souffrance au travail, maltraitance psychique, methodes de management, conditions de travail |
04.04.2009
J'ai très mal au travail
Jean-Michel Carré est réalisateur et producteur. Il s'est plongé dans les arcanes du monde de l'Entreprise pendant 1 an et à mener l'enquête. Il en est ressorti un documentaire "J'ai très mal au travail" A travers les nombreux témoignages des acteurs du monde professionnel, le film met en évidence le mal qui ronge le monde du travail aujourd'hui : stress, harcellement, objectifs délirants, violence, dépression, suicide etc. Comment en est-t'on arrivé là?
C'est ce mécanisme insidieux et pervers que s'emploie à remonter le film.
16:54 Publié dans SOUFFRANCE AU TRAVAIL | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : reportage, travail, entreprises, souffrance, harcellement |
Souriez, vous êtes placardisés
C'est avec un intérêt certain que j'ai lu ce billet sur le blog http://roget.biz/ qui donne quelques précieux conseils pour savoir bloguer discrétos en situation de placardisation. Voilà un billet qui ne manque pas de sel ! L'Auteur y explique pourquoi cette situation inconfortable qui lui est tombé dessus au retour d'une absence prolongée pour cause de voyage au Brésil, s'est révelée être en fait une bonne expérience qu'il a mise à profit pour bloguer sur son lieu de travail et relater son expérience dans un journal de bord au titre evocateur' : "vivementquejemecasse!" son souhait à d'ailleurs été exhaussé puisqu'il s'est retrouvé viré un an plus tard.
SNCF: tout est possible...surtout le pire
Mon expérience n'est pas tout à fait la même, car je n'ai pas été "placardisé" au sens strict du terme, quoi que... disons que mes fonctions à la SNCF s'apparentaient effectivement à un placard qui n'était même pas "doré" lol. Ca, c'est un privilège de cadre ! On est décidemment pas égaux devant le placard, c'est comme dans la vraie vie quoi ! Disons que c'était un placard un peu spécial, je n'étais à l'écart de personne, un placard aux portes grandes ouvertes en quelque sorte ! Mais j'avais bien mon fidèle ami, le fax, à mes côtés...voilà pour le décor.
Ce placard qui s'est éternisé pendant 5 ans m'a d'ailleurs conduit à exprimer avec mes mots à moi mon ressenti sur un ancien blog, sur un ton humoristique et décalé qui n'a pas été du goût de certains, et qui s'est soldé par un licenciement, comme pour l'auteur de ce billet. Dans mon cas, cela faisait donc 5 ans que je souffrais le martyr dans une petite gare de campagne, où, je ne savais pas au juste pourquoi je me levais à 4h45 les week-ends et jours fériés pour aller "travailler". Travail qui consistait à gérer l'information des voyageurs en gare. On ne m'a d'ailleurs pas vraiment laissé le choix quand on m'a proposé le poste, c'était ça ou bien la porte, alors j'ai accepté. Et puis, quand vous êtes contractuel, vous ne pouvez pas trop vous permettre de faire la fine bouche. Mais j'aurai dû avoir la puce à l'oreille qu'aucun agent titulaire n'accepte de prendre le poste, c'était louche...
Ce fût 5 ans de gâchis, 5 années qui ne m'ont rien apporté sur le plan professionnel difficile de "vendre" une telle expérience à un employeur, annoncer des trains, n'importe quel crétin peut le faire ! On m'a donc laissé végéter durant tout ce temps en restant contractuel, sans aucune perspective d'être titularisé, et après, on s'étonne de ma démotivation ! 5 années passées dans des fonctions routinières, a rabâcher toujours les mêmes phrases, aux mêmes heures : << mesdames, messieurs, votre attention s'il vous plaît...>> passionnant, n'est-ce pas? Qui n'aurait pas craqué au bout d'un moment? De toute façon, je ne l'ai jamais caché, et ça s'en ressentait dans mon travail. J'avais tellement de temps libre, notamment les week-ends, de longues heures sans annonces, que j'emmenais mon lecteur DVD en gare pour mater des films ! Quand à mon collègue aiguilleur à côté de moi, lui, il jouait à Counter Strike sur son PC. Il y avait belle-lurette que j'avais fait le tour de mon "travail" et je m'ennuyais profondément. Entre nous, nous en convenions volontiers : Le soir à partir de 18h jusqu'à ce que les trains s'arrêtent vers 1h40 du mat', le dimanche, il y'a toujours en permanence 5 agents en gare payés...à regarder les gens descendre du train sur le quai: l'aiguilleur, l'ASI ( mon poste) 2 agents d'accueil plus un maître-chien. Ils appellent ça "L'humanisation des gares" ! Pffff... Amis franciliens, vous savez à quoi servent vos impôts locaux maintenant...ha oui, parce que c'est la région qui paie !
Comme pour cette plateforme elevatrice pour permettre aux fauteuils roulants de monter dans la rame( parce que bien sûr, le quai n'est pas au niveau du planchet du train ) qui ne sera jamais mis en service mais qui a coûté la bagatelle de 1.500.000 euros ! La Région est d'ailleurs très fière de l'afficher sur un immense panneau sur le Quai !
De mon ennui, je n'ai jamais pu m'en ouvrir auprès de mon chef, ah, quel chef mémorable : celui-ci se désintéressait totalement de ses agents et ne ratait pas une occasion de leur casser du sucre sur le dos, comme je l'ai appris à mes dépens ainsi que plusieurs de mes collègues, afin de se faire bien voir de sa hiérarchie et de faire progresser sa carrière. C'est vous dire la mentalité. Un bon chef, c'est un chef qui sait aussi être à l'écoute de ses agents, gérer l'humain, manager, c'est un métier ! Visiblement, le mien l'avait obtenu dans une pochette-surprise. Résultat, faute d'avoir pu trouver une oreille attentive à mon mal de vivre dans mes fonctions, je me suis épanché sur mon blog. Bien mal m'en a pris, puisque des collègues de la police ferroviaire que j'avais eu le tort de filmer en gare avec mon portable, m'ont dénoncé après avoir découvert la séquence sur mon blog !
Dans un billet au ton décalé, j'ai eu la phrase de trop aux yeux de la Direction : << je vous présente la grande gare internationale de Tournan où je fais semblant de travailler >> rien de bien méchant, et ce n'était pourtant que la vérité ! Ce n'est quand même pas à moi de m'inventer du travail, c'est à l'employeur de le fournir, non??? On m'a reproché en conseil de discipline de porter atteinte à l'image de l'Entreprise, comme si le public m'avait attendu pour égratigner la SNCF ! Et tous ces petits chefaillons dans leurs bureaux, tous ces cadres, plus incapables les uns que les autres, qui sont toujours planqués en réunion, et qui ne sont là que pour pondre des rapports, envoyer des notes de service fumeuses et alimenter des statistiques, a quoi ils servent, hein??? Eux aussi, ils font semblant de travailler, parce qu'il faut bien qu'ils donnent l'illusion qu'on les paye à faire quelque chose.
En réalité, c'est comme ça dans la plupart des entreprises, je ne suis pas tombé de la dernière pluie ! Mais Chuutttt ! Il vaut mieux faire la politique de l'autruche, pour ne froisser personne voyons... j'aurais dû me douter qu'il est mal vu en France de dire tout haut ce que beaucoup de gens pensent tout bas !
Peut-être que le jour où les entreprises accepteront de regarder le mal de vivre au travail en face, on ne verra plus de suicides de salariés comme chez Renault par exemple. On peut toujours rêver, mais c'est cela aussi une politique intelligente des Ressources Humaines.
08:58 Publié dans SOUFFRANCE AU TRAVAIL | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sncf, placardisation, ennui, ma-être au travail, absence de perspectives |
03.04.2009
Ca tangue à Pôle Emploi
Les conditions étaient déjà dégradées avant, mais la fusion entre les Assedic et L'ANPE pour accoucher de "Pôle Emploi" s'est faîte dans la douleur. Cette fusion, voulue par le gesticulateur précoce qui sévit à l'Elysée, s'est faîte à moyens constants - alors que les sites d'accueil sont submergés par le flot incessant des nouvelles inscriptions - et dans la précipitation et l'impréparation la plus totale. Résultat, les agents ne peuvent pas faire face et craquent. On en est déjà à 5 suicides depuis le début de l'année 2009 !
Et pour quels résultats pour les chômeurs? C'est toujours la même logique qui prévaut : renforcer les mailles de la coercition sociale pour que celui qui indémnise soit aussi celui qui contrôle. En fin de compte, le Gouvernement aurait dû appeler le nouvel organisme "Police Emploi" ça aurait mieux refleter la feuille de route qu'il s'est fixé !
On assasine bien le service public de placement - ce qu'il auraît toujours dû rester - et on veut faire jouer aux agents une mission de basse police à des fins statistiques qui ne cadre ni avec leur conscience professionnelle, ni avec l'intérêt des chômeurs. La séquence qui suit est édifiante à ce sujet...
17:51 Publié dans SOUFFRANCE AU TRAVAIL | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pole emploi, souffrance, temoignage, conditions de travail |


